Sociolinguistique Urbaine

- Normes et identités en rupture -

Lettre d'information

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1996-1999 Mobilité linguistique et dynamique des territoires

Thierry Bulot

1. Participations

Participants institutionnels :
Thierry Bulot (Maître de Conférences/ Rouen), Nicolas Tsekos (Thésard/ Rouen), Laurence Vignes (Maître de Conférences / Rouen).

Participants occasionnels (sur actions de l’opération) :
Michelle Van Hooland (Thésard/ Rouen), Messieurs Ménard, Cariou (Ingénieurs/ CETE Normandie Centre/ Grand Quevilly)) et Mesdames Brusque (Ingénieur Min. Aménagement du Territoire de l’Equipement et des Transports / Paris), Blondel (Ingénieur/ CETE Normandie Centre / Grand Quevilly), et Montel (Technicien Supérieur/ CETE Normandie Centre/ Grand Quevilly).

Enfin des étudiants du séminaire Traitement automatisé des corpus sociolinguistiques (Maîtrise SDL/ DESCILAC) en 1997 : Martin Thimoreau, Fabien Liénard et Nathalie Police.

2. Collaborations diverses

Collaboration scientifique avec le CRESO (Centre de recherches sur les Espaces et les Sociétés) UMR 6590 MRSH Caen. Participation au séminaire de recherche Mobilité-Insertion sur la base de convergences épistémologiques entre linguistique sociale et géographie sociale. Terrain : l’espace urbain.
Un premier temps a donné lieu à la Journée Géographie sociale/ Sociolinguistique. Le 01 octobre 1996 rassemblant les géographes de ce laboratoire et des sociolinguistes (T. Bulot et C. Caitucoli) de Rouen (Le 01 octobre 1996) et un second à une conférence au séminaire Mobilité/ Intégration du CRESO (" Mobilité linguistique : éléments pour une dynamique des territoires (le cas de la région rouennaise. T. Bulot . Le 14 mai 1997. )

Collaboration avec le CETE (Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Rouen) pour l’étude du Confort Visuel Nocturne à Rouen en tant que dimension de l’espace urbain, de son appropriation par les usagers, en tant que rapport dialectique entre territoire et territorialisation.

3. Stade de réalisation (date de début et de fin)

Cette opération est née de la nécessité de conceptualiser la notion de territoire pour aborder plus finement les fractures urbaines.

Focalisée sur la situation régionale, elle reprend en grande partie les données recueillies sur la ville de Rouen et son agglomération dans l’opération Mise en mots des fractures urbaines , complétées de données plus liées à la rue.

L’opération a débuté en janvier 1996 à l’occasion d’une étude commanditée par le CETE sur le Confort Visuel Nocturne à Rouen. Une première étape était initialement prévue en 1998 sur une éventuelle journée d’Études entre géographes et linguistiques pour faire état de de la recherche sur d’autres sites urbains régionaux, mais elle est devenue de fait la Journée Internationale de Sociolinguistique Urbaine (JISU) à Mons le 20mai 1999) pour élargir la diffusion des résultats à une communauté plus ample.
Cette journée de recherche marque la fin de l’opération.

4. Descriptif

4.1. Problématique

La réflexion s’inscrit dans une perspective théorique de sociolinguistique urbaine et mais porte, en pratique, sur la représentation du territoire urbain dans le discours des habitants de Rouen et de son agglomération. Il s’agit de savoir comment ils se représentent leur espace en rapport avec les façons de parler perçues/ vécues, et comment ils les mettent en mots ?

L’hypothèse de recherche étant que l’urbanisation "sociolinguistique" en tant que concept syncrétique (entre les définitions linguistique et sociologique du phénomène) fait système l’espace vécu ou représenté (les parcours, les lieux interdits ou tabous, les lieux d’échanges, de cultures,...) en intime corrélation avec un processus de topolectisation mettant en contact temporellement et spatialement différencié des communautés urbaines des groupes posés en discours comme distincts.

4.2. Méthodologie (données recueillies)

Le type d’enquête mené est de type épilinguistique (la langue étant au centre de nos préoccupations) d’une part et nous fondons notre approche sur les attitudes des locuteurs. L’outil de questionnement a été évalué dans l’opération 1 et reste fondamentalement le même : le paradigme d’évaluation du locuteur.

Les données recueillies proviennent de la sorte d’entretiens semi-dirigés, et de questionnaires écrits.

4.3. Type d’analyse

Fondamentalement l’analyse reste centrée sur le discours : les données déjà recueillies sont traitées sur l’axe de la construction co-référentielle des catégories d’évaluation. Les données d’enquête non quantitative ont été analysées à l’aide de QSR NUD.IST(c) ; la part questionnaire du corpus spécifique aux lieux est envisagé comme un ensemble d’échelle évaluatives relevant des différentes composantes des attitudes langagières.

5. Résultats

Étant donné l’avancement de la recherche il est permis de définir le parler de Rouen en tant qu’objet de recherche dans la mesure où il est objet social : il existe dans la conscience collective rouennaise. Il est par ailleurs dit être "de la rive gauche" de la ville et de la sorte demeure l’un des facteurs de distinction sociale forte au sein de la communauté urbaine. Ensuite parce qu’il peut être objet scientifique : il se rapporte à une sociolinguistique des lieux de ville posant au travers d’une aliénation linguistique (comme tendance à perdre ses repères identitaires exogènes pour se fondre dans une unité linguistique apparente mais à son tour grosse de distinction sociale) unificatrice des comportements et attitudes linguistiques, l’émergence d’un discours épilinguistique relevant de l’ urbanisation, d’un discours identitaire sur entre autres l’appartenance à une communauté de parole, à un groupe social, et effectivement à un espace géographique restreint à la mobilité spatiale. Enfin le parler de Rouen peut être objet d’enquête dans la mesure où il est possible de recueillir évaluation sociale des locuteurs à l’écoute d’une façon de parler, d’un "accent".

Cette opération a donné lieu à la publication d’un numéro de la Revue PArole (5/6/ 1998) :

BULOT T., BAUVOIS C., "Sociolinguistique urbaine : contributions choisies", Revue Parole 5/6 , Université de Mons Hainaut, Mons, 1998, 139 pages.


Sommaire de Revue Parole (5/6/ 1998)

  • Avant Propos Marie-Louise Moreau (Université de Mons-Hainaut) 1-2
  • Introduction. Langues et société urbaine : les villes parlent, des sociolinguistiques écoutent Thierry Bulot (Université de Rouen et Cécile Bauvois (Université de Mons-Hainaut) 3-6
  • Stratégies redénominatives des rues de Hongrie Salih Akin (Université de Rouen) 7-26
  • Identification and evolution responses to a French accent : some results and issues of methodology Nigel Armstrong & Zoë Boughton (University of Newcastle-upon-Tyne). 27-60
  • Le sens du territoire. L’identification géographique en sociolinguistique Cécile Bauvois (Université de Mons-Hainaut) & Thierry Bulot (Université de Rouen) 61-80
  • Ville en traverse, mobilité populaire, repérage urbain (Bamako, Mali) Monique Bertrand (Université de Caen - CRESO- M.R.S.H.). 81-112
  • Repérage sociolinguistique dans les désignations de la ville de Dakar(Sénégal) Ndiassé Thiam ( Université de Dakar). 113-139

6. Valorisation (Études)

Contrat CETE. Un contrat portant sur l’étude de la Caractérisation de la notion de confort nocturne dans les sites urbains (Mise en mots du confort visuel nocturne à Rouen) a été signé entre le Laboratoire des Ponts & Chaussées Normandie Centre et l’URA CNRS 1164 . L’étude a été financée (60KF) par le CETE. Durée : janvier 1996/ décembre 1997. Et a donné lieu a un rapport faisant état d’un aspect inédit : la mise en mots d’une notion par les usagers de la voirie (notamment rouennaise) en regard à celle des experts (les ingénieurs du CETE).

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