Sociolinguistique Urbaine

- Normes et identités en rupture -

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2013-2014 Sociolinguistique et urbanisation. Fondation(s) / (re)fondations d’une discipline

Ateliers de recherche

Sociolinguistique et urbanisation. Fondation(s) / (re)fondations d’une discipline

Co-organisé par l’EA 4246 PREFics (Programme transversal Discrimination langagière et communication dans l’espace public (Migrance, urbanisation, pratiques discursives, développement durable urbain en contexte francophone).

&

le Groupe de réflexion de jeunes chercheurs en sociolinguistique

Avec le soutien du Groupement d’Intérêt Scientifique Pluralité Linguistique et Culturelle

Sous la direction scientifique de Thierry Bulot

  • Lieu : Université Rennes 2 (Espace recherche – Batiment B – Campus Villejean)
  • Contact : sociolinguistique.rennes2@gmail.com ou 0299141567 (répondeur)

Cadrage

  • Si l’on peut admettre que la sociolinguistique urbaine procède (comme d’autres disciplines du champ des recherches sociales) du tournant de la spatialité et de ce fait d’une quasi-médiation épistémique des concepts de la sociolinguistique générale, on ne doit pas, par ailleurs, faire l’économie de conceptualisations spécifiques la concernant tout autant que de la penser dans une tradition de recherche fructueuse. Les ateliers de recherche ont pour objectif d’organiser régulièrement des moments de réflexion collective autour des questions fondatrices de la sociolinguistique confrontées à des dynamiques socio-langagières émergentes et à des réalités sociales prégnantes. Il sera question de construire l’épistémologie de la sociolinguistique urbaine en tant que sociolinguistique des discours et des formes de pluralités.
  • Co-organisé par des chercheurs confirmés et de jeunes chercheurs, l’atelier de recherche trouve sa pertinence dans une démarche globale de recherche systématiquement réflexive, qualitative et interventionniste. En l’état les thèmes de réflexion sont (sans être exhaustifs) 1. Réflexivité et expérience épistémo-biographique en sociolinguistique ; 2. Marxisme et sociolinguistique : Volochinov ; 3. Socio-sémiotique et sociolinguistique : le lien aux espaces ; 4. Structuralisme et sociolinguistique : le lien à l’idéologie ; 5. Analyse du discours, textualité et sociolinguistique.

Modalités de fonctionnement

  • Chaque séance (le vendredi de 09h00 à 11h00, Espace Recherche, université de Rennes 2) donne lieu à un débat thématisé autour de la présentation d’un texte de référence et de la contradiction apporté par un autre membre de l’atelier de recherche. Le travail en amont entre le présentateur et le contradicteur est toujours pensé en lien avec le texte de cadrage.
  • Chaque atelier de recherche dure 2 heures. Accessible à toutes et tous sur demande (voir contact)

Calendrier

  • Vendredi 13 septembre 2013 « Langage, discours et idéologie : Lecture critique de "Une philosophie marxiste du langage" de Jean-Jacques Lecercle » Clément Ferré - Rennes 2 (contradicteure Nolwenn Troël-Sauton Rennes 2)
  • Vendredi 11 octobre 2013 « Analyse du discours et sociolinguistique : la construction du sens et la mise en mots » Thierry Bulot - Rennes 2 (contradicteur Clément Ferré Rennes2)
  • Vendredi 15 novembre 2013 « Penser les articulations entre genre et langage : lecture critique de ‘Genre et sexualité : quels enjeux pour les sciences du langage’ de Alexandre Duchêne et Claudine Moïse dans Langage, genre et sexualité » Claire Lesacher - Rennes2 (contradicteure Vanessa Delage Rennes 2)
  • Vendredi 17 janvier 2014 « Concevoir le dispositif de M. Foucault et l’appréhension du territoire en sociolinguistique urbaine » Vanessa Delage - Rennes 2 (contradicteure Claire Lesacher Rennes 2)
  • Vendredi 14 février 2014 « Quelle pertinence des constructions des concepts d’identités ? Lecture critique de "Au- delà de l’identité" de Rogers Brubaker et Frédérique Junqua » Nolwenn Troël-Sauton (contradicteure Spomenka Alvir - Friboug)
  • Vendredi 14 mars 2014 « Hétérogénéités discursives et constitution méthodologique de l’AD comme individuation discursive. Lecture critique de "Que cherchent les analystes du discours," de Dominique Maingueneau dans Argumentation et Analyse du discours » Mélanie Texier - Rennes 2 (contradicteur Thierry Deshayes Rennes 2 et Montréal)
  • Vendredi 11 avril 2014 « Apports de la photographie à la sociolinguistique : lectures interdisciplinaires » Somenka Alvir - Fribourg) (contradicteure Thuy Thi Thanh Dang Rennes 2 et Hanoï)
  • Vendredi 16 mai 2014 « Conceptualiser espace et lieu en sociolinguistique urbaine. Lecture critique de « La double articulation de la spatialité urbaine : « espaces urbanisés » et « lieux de ville » en sociolinguistique » de Thierry Bulot dans Marges Linguistiques 3 » Thuy Thi Thanh Dang - Rennes2 et Hanoï (contradicteure Mélanie Texier Rennes 2)

Textes de référence (plus résumé) par séance

  • Vendredi 13 septembre 2013 : LECERCLE J.-J., 2004, Une philosophie marxiste du langage, PUF, Paris, 151-161. Le concept d’idéologie, souvent employé en sociolinguistique pour traiter des représentations et des discours épilinguistiques connaît les mêmes péripéties que son emploi quotidien de sens commun. En effet, souvent peu questionné ou définit de façon succincte et lapidaire, il a tendance à se confondre avec le mot-concept de représentation comme quasi-synonyme de préjugés ou d’idées fausses, c’est-à-dire dans une perspective positiviste. Jean-Jacques Lecercle, philosophe du langage et angliciste, propose de considérer le concept à travers le corpus marxiste (particulièrement l’œuvre de Volochinov) et de l’appliquer au langage pris comme du discours, c’est-à-dire dans ses dimensions praxéologiques et politiques. L’intérêt principal ici est alors de s’interroger sur ce qui est idéologique dans le langage (et in fine, les discours), ce sur quoi il reproduit de l’idéologie et de réfléchir aux implications méthodologiques de l’hypothèse suivante : l’idéologie est le langage et le langage est l’idéologie.
  • Vendredi 11 octobre 2013 : GREIMAS A.J., 1976, « Des modèles théoriques en socio-linguistique », dans Sémiotique et sciences sociales, Le Seuil, Paris, 62-75. A.J. Greimas n’est certes pas identifié comme un sociolinguiste. Et pourtant, il convient de ne pas négliger l’apport de ses réflexions et travaux sur le sens et sa construction dans ce qui a été (et demeure avec ses épigones actuelles) l’Ecole Française d’Analyse du discours ; cette même école a fortement marqué à son tour une sociolinguistique (Ecole sociolinguistique de Rouen) où les discours sont prégnant et où la dimension structurelle demeure constante. Le présent texte de Greimas est issu d’un recueil (Sémiotique et sciences sociales, paru en 1976 au Seuil) comprenant plusieurs contributions à visée épistémiques. Intitulé "Des modèles théoriques en socio-linguistique", il rend ainsi compte de la lecture complexe d’un intellectuel autant que d’un chercheur et replace l’émergence des disciplines (dont la sociolinguistique urbaine) dans une réflexion plus globale sur les sciences sociales.
  • Vendredi 15 novembre 2013 : DUCHENE A., MOÏSE C., 2011, « Genre et sexualité : quels enjeux pour les sciences du langage » dans Langage, genre et sexualité, Nota Bene, Québec, 7-25. Outre le fait de dénaturaliser la différence entre les sexes, de poser que « « La femme » n’existe pas, pas plus que « L’homme » » (Thébaud, 2005 : 63) et d’affirmer que la « féminité », la « masculinité » et leurs traits définitoires sont des constructions sociales, le genre est aussi un concept qui permet de penser l’arbitraire de la construction des genres (Fassin, 2004) et le rapport de pouvoir qui les sous-tend. Le genre n’est donc pas seulement un outil pour observer et décrire les rôles et les assignations, il sert aussi, voire davantage, à les interroger et à historiciser la différenciation et l’oppression qui s’opèrent dans les rapports sociaux de genre. A travers la lecture du chapitre d’Alexandre Duchêne et Claudine Moïse, nous nous interrogerons sur les formes et les lieux d’imbrication entre le genre et ce qui relève du langage, pensé comme vecteur de différenciation. Dans une visée de réflexion épistémologique, cette présentation se focalisera particulièrement sur la manière dont ces imbrications peuvent être analysées de manière pertinente.
  • Vendredi 17 janvier 2014 : FOUCAULT M., 2004, « Leçon du 11 janvier 1978 » dans Sécurité, territoire, population. Cours au Collège de France, 1978-1979, éd. Michel Senellart, Gallimard/ Seuil, coll. Hautes études, Paris, 3-30. En s’intéressant aux dispositifs de sécurité, Foucault commence par analyser les espaces de sécurité ; spécifiquement ce cours présente celui que constitue la ville. Il s’attache à l’étude des mécanismes disciplinaires et des dispositifs de sécurité en rapport avec la construction et l’organisation d’une ville. Ce texte délivre une analyse aiguë du fonctionnement du gouvernement et des mécanismes de sécurité. Lors de cette discussion, il s’agit de faire interagir la réflexion de Michel Foucault avec les préoccupations actuelles de la sociolinguistique urbaine pour les phénomènes de l’urbanisation.
  • Vendredi 14 février 2014 : BRUBAKER R., 2001,« Au delà de « l’identité » », dans Actes de la recherche en sciences sociales, L’exception américaine 2, Seuil, 139, 66-85. Dans cet article, Rogers Brubaker et Frédéric Junqua proposent de réenvisager le concept d’identité dans ses ambiguïtés et ses limites. En reprenant les concepts de Bourdieu qui distingue catégories de pratiques et catégories d’analyse, les auteurs soulignent les glissements opérés par ce concept aux acceptions multiples. Ils évoquent le risque de déplacements des catégories de pratiques aux catégories d’analyse, ces déplacements justifiant par là même des discours politiques identitaires. Sans nier l’apport constructiviste à la conceptualisation de l’identité, c’est par l’énumération de définitions distinctes, voire contradictoires que les auteurs envisagent l’idée de se défaire du concept d’identité. Ils soutiennent que le terme "identité", se fondant intrinsèquement sur l’idée de "similitude", de –permanence- il ne peut y avoir de conceptualisations d’identité posée comme "multiples" ou "diverses". La lecture critique d’Au delà de l’identité proposera d’argumenter l’intérêt de cette théorisation dans les approches sociolinguistiques.
  • Vendredi 14 mars 2014 : MAINGUENEAU D., 2012, « Que cherchent les analystes du discours ? », dans Argumentation et Analyse du discours, 9, 2-14. Après une première approche contextuelle autour des concepts clefs d’analyse et de discours, Dominique Maingueneau met en perspective ce qui fonde l’analyse du discours comme discipline complexe et ambivalente. A travers les différents enjeux de l’AD, il ouvre ainsi la porte au(x) débat(s) non pas d’une mais des analyses du discours. Nous nous proposons d’interroger à partir de ces fondements discutables l’inscription du discours dans l’interdiscours, comme manière de dire discursivement des mondes et de les constituer comme tels. Cela nécessite de considérer dans cette optique que la fonction de l’analyste du discours serait donc de dévoiler ce qui n’apparaît pas explicitement. Cela suppose aussi d’envisager le sens, les conditions de productions mais aussi d’interprétation des discours.
  • Vendredi 11 avril 2014 : PIETTE A., 1992, « La photographie comme mode de connaissance anthropologique » dans TERRAIN 18, Le corps en morceau, (mars 1992), mis en ligne le 05 juillet. URL : http://terrain.revues.org/3039. Consulté le 17 juin 2013. A partir du texte de Piette, nous voudrons interroger la posture du chercheur et la construction de sa démarche de recueil basée sur la photographie. L’analyse de ce texte entend ainsi éclairer différents rôles de la photographie en terme de mode de connaissance anthropologique tout en développant un rapport particulier aux choses, à l’espace, au temps, à la ville. Il nous apparaît nécessaire de réinvestir la même réflexion en sociolinguistique urbaine considérant la photographie comme un récit visuel et comme un nouvel espace discursif ouvrant vers l’étude des modalités d’appropriation urbaine. Cette analyse nous permettra de reposer deux questions : sur quelle base peut agir l’acteur dans ce lieu spécifique qui est « la langue » et si « la mise en récits » ou « la mise en images » de l’espace urbain peut devenir un mode de connaissance sociolinguistique ?
  • Vendredi 16 mai 2014 : BULOT T., 2002, « La double articulation de la spatialité urbaine : ‘espaces urbanisés’ et ‘lieux de ville’ en sociolinguistique », dans MARGES LINGUISTIQUES 3, M.L.M.S Éditeur, Saint-Chamas, 91-105. La sociolinguistique urbaine s’intéresse aux rapports complexes entre espace et langue(s), par conséquent, il est indispensable de discuter les notions espace et lieu. Dans le présent article paru dans Marges Linguistiques 3, Thierry Bulot propose des conceptualisations pour appréhender les recherches en sociolinguistique urbaine et approcher les lieux et l’espace urbain. La notion espace est abordée à deux niveaux : espace social et lieu. L’intérêt de ce texte est de discuter les réflexions théoriques, les outils méthodologiques pour enquêter la ville. Les travaux de recherches à Rouen viendront ensuite pour mieux éclairer la double articulation de la spatialité urbaine : « espaces urbanisés » et « lieux de ville » en sociolinguistique ».

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