Sociolinguistique Urbaine

- Normes et identités en rupture -

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2003-2005 Identités, mémoire et mise en mots de l’habitat populaire

Vincent Veschambre et Thierry bulot

1. Participants permanents

Thierry Bulot (Université de Rennes 2), Vincent Veschambre (Université d’Angers), Tassadit Mefidene (Université d’Alger), Assia Lounici (Université d’Alger), Safia Rahal (Université d’Alger), Raymonde Séchet (Université de Rennes 2), Benoît Raoulx, (Université de Caen), Fabrice Ripoll (Université de Caen), Djamila Zeniedi (Université de Rennes 2), Emmanuelle Sabot (Université de Rennes 2), Sterenn De Lafargues (Unversité de Rennes 2).

2. Descriptif

2.1 Objectifs Dans la perspective d’une proposition de recherche finalisée, le programme a développé un triple objectif : travailler à la construction conjointe de l’objet de recherche, définir des terrains communs, travailler à la faisabilité du projet en termes de sources relatives au contexte social et urbain de ces terrains.

Le programme a comporté deux volets.

1. Le premier, portant sur “ l’habitat populaire : inscription spatiale et placement social ”, il s’agit de repérer comment, par leurs pratiques langagières, les catégories populaires marquent et s’approprient des espaces, et comment elles se démarquent tout en étant stigmatisées. Il s’agit aussi d’évaluer l’efficacité sociale des discours sur l’espace urbain dans l’identification de “quartiers pauvres”. Proposer une analyse de “ la mise en mots ” de l’habitat populaire revient à jouer sur les formes de paroles, celles des populations et celles des responsables qui font la ville. Il n’existe en effet pas d’espaces intrinsèquement pauvres.

2. Le second volet concerne donc la mémoire des espaces de pauvreté des générations antérieures, la revendication de la mémoire étant posée d’emblée comme un enjeu social d’appropriation symbolique (ou identitaire) de l’espace et de visibilité sociale dans la dimension spatiale. Les discours sur la ville et les opérations d’urbanisme tendent fréquemment à faire disparaître ces “ lieux de mémoire ” de la pauvreté, à les requalifier au profit de catégories sociales aisées ou à les muséifier. Ce qui en dit long sur les représentations de la pauvreté par ceux qui font la ville et sur la difficulté des plus pauvres à accéder à la construction sociale d’un patrimoine. Travailler sur la relation entre l’habiter et les mémoires collectives rejoint la thématique des politiques patrimoniales et peut se décliner en termes de minorations, dénégations, revendications, termes importants tant pour le sociolinguiste que le géographe.

2.2 Méthodologie En travaillant sur les représentations, du point de vue de plusieurs disciplines, nous avons été amenés à privilégier une “ polyphonie méthodologique ” et à recueillir une diversité de matériaux : discours (archives, entretiens), représentations cartographiques, photos, vidéos et documentaires. Les méthodologies spécifique de l’analyse du discours (Ecole Française) ont été convoquées toutes les fois que cela a été nécessaire pour interpréter les relations de dominances.

3. Moments forts

Le programme s’est clos fin 2005 (le 13 octobre 2005) et a connu deux moments forts

3. 1. Fin 2005, les membres participant à l’ACI, ont clos le programme par la tenue d’une journée de recherche (Mots, traces et marques : dimensions spatiale et linguistique de la mémoire urbaine, le 16 septembre 2005 Maison des Sciences Sociales Rennes 2) faisant le bilan sur les recherches menées.

Communications de Fabrice Ripoll : Tentative de conceptualisation du marquage et de l’appropriation symboliques de l’espace (actions collectives) Sterenn de Lafargues : Les discours concernant les politiques de la ville (Bartolone et Borloo) Benoît Raoulx : Images et représentations de l’habitat populaire. Thierry Bulot : Discrimination et processus discursifs de fragmentation des espaces urbains : signalétique et bilinguisme à Rennes Assia Lounici : La signalétique à Alger. Les discours de la ségrégation Tassadit Mefidene : Espace, langage et représentations dans la ville d’Alger Vincent Veschambre : Sur la mémoire de l’habitat populaire en centre-ville (commémorations ATD quart-monde). Djemila Zeneidi : Sur les squats comme forme d’habitat populaire Raymonde Séchet : Les espaces du peuple, de l’hygiénisme au nettoyage.

Un volume est publié (Editions L’Harmattan) qui rassemble la somme des travaux réalisés lors cette ACI.

3.2. Le programme a donné lieu à des communications et débats lors de la quatrième Journée Internationale de Sociolinguistique Urbaine, à Moncton (Canada)

3.3. Présentation des premiers travaux théorique fin 2004 par les responsables du programme (Vincent Veschambre et Thierry Bulot) au colloque international Espaces et société aujourd’hui (La géographie sociale dans les sciences sociales et dans l’action) « Sociolinguistique urbaine et géographie sociale : hétérogénéité des langues et des espaces » (Rennes, les 21 et 22 octobre 2004).

4. Avancées théoriques

Le programme de recherche a notamment permis de soumettre à discussion deux propositions théoriques, liées par ailleurs à l’anamlyse du discours, en sociolinguistique urbaine :

1. d’une part la mémoire sociolinguistique comme l’élicitation d’un discours stéréotypé à vocation prototypique relatif aux représentations sociolinguistiques de l’espace.

2 d’autre part deux grands types de marquage discursifs ont été identifiés : le marquage signalétique (enseignes, panneaux de signalisation, inscriptions murales, plaques commémoratives…) et le marquage langagier ou linguistique, qui correspond à des manières de parler associées à des espaces spécifiques vécues et ou perçues comme telles.

5. Valorisation de la recherche

Conférence-Débat (par Thierry Bulot) pour le festival Envie de Ville (L’université à du talent), « Droit de ville, doit de cité : les parlers jeunes », Rennes le 21 octobre 2005.

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